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Position du conseil pour la protection des malades : Débat sur l’euthanasie

Les médecins, les politiciens et les média invitent la population à un débat relativement à l’euthanasie.

Voici une définition trouvée dans la littérature sur l’euthanasie :
«Dans une acception plus contemporaine et plus restreinte[2], l’euthanasie est décrite comme une pratique (action ou omission) visant à provoquer le décès d’un individu atteint d’une maladie incurable qui lui inflige des souffrances morales et/ou physiques intolérables, particulièrement par un médecin ou sous son contrôle[3].»

Le Conseil pour la protection souhaite se prononcer comme suit sur l’euthanasie :

1. depuis sa création en 1974, le Conseil pour la protection des malades est inspiré notamment par des valeurs de foi que lui a léguées son fondateur M. Claude Brunet ;
2. le Conseil pour la protection des malades n’a ni souhaité, ni demandé de débat sur l’euthanasie ;
3. mais le système de santé public québécois n’offre pas à tous des soins et des services palliatifs de fin de vie qui soient dignes de la personne et de ceux qu’un malade a le droit de recevoir ;
4. la majorité des médecins interrogés au début de l’automne 2009 par la Fédération des médecins spécialistes du Québec, indiquent que l’euthanasie se pratique dans les hôpitaux québécois ;
5. la proposition de politiciens et des médecins d’encadrer l’euthanasie par une loi dans les seules circonstances d’une mort imminente, est injuste pour les malades dont la maladie est incurable, celle qui leur inflige des souffrances morales et/ou physiques intolérables, mais dont la mort n’est pas imminente, pour les motifs suivants :
a. lucidement et sereinement, chacun a droit de disposer de lui-même à la fin de sa vie ;
b. tous ont le droit de mourir dignement ;
c. tous doivent être égaux devant la mort ;

d. tous les malades ont le droit aux soins et aux services en fin de vie requis à leur état mais tous ne les reçoivent pas ;
e. non seulement les malades affligés d’une maladie incurable, qui leur inflige des souffrances morales et/ou physiques intolérables mais dont la mort ne serait pas imminente, continueraient-ils à ne pas recevoir les soins requis à leur état, mais ils continueraient à ne pas pouvoir mourir dignement comme les autres malades pour qui les médecins et des politiciens voudraient maintenant intervenir.

6. Ainsi, si l’on veut un vrai débat, un débat qui vise et qui respecte le droit à l’égalité de tous devant la mort, le droit de mourir dignement doit être assuré à toute personne apte et qui est affligée par une maladie mortelle, dont les souffrances physiques ou morales sont en conséquence devenues intolérables, et qu’il n’y a plus d’autre façon de traiter dignement la personne, que la mort soit imminente ou non.
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2. celle retenue par le Petit Larousse
3. « Fait de donner délibérément la mort à un malade (généralement incurable ou qui souffre atrocement). Euthanasie agonique»; EHM: « Avec le développement des techniques médicales, il a pris à partir du dernier tiers du XXe siècle un sens nouveau: celui de mettre fin à la vie du patient pour lui épargner des souffrances. On distingue alors l’euthanasie active de l’euthanasie passive, selon que la mort résulte d’un acte positif du médecin ou de l’absence de recours à des thérapeutiques qui auraient pu prolonger la vie » ; PL07 : « Euthanasie passive : acte d’un médecin qui laisse venir la mort d’un malade incurable sans acharnement thérapeutique » ; GRLF : « Usage des procédés qui permettent de hâter ou de provoquer la mort pour délivrer un malade incurable de souffrances extrêmes, ou pour tout motif d’ordre éthique ».

Rappelons que le CPM est un organisme sans but lucratif voué à la protection et à la défense des droits des usagers du réseau de la santé. Il regroupe des comités d’usagers implantés dans autant d’établissements de santé situés aux quatre coins du Québec.

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Source : Me Paul G. Brunet, m.a.p. président et porte-parole
Conseil pour la protection des malades (CPM)
1000, rue Saint-Antoine, bureau 609
Montréal, Qc H3C 3R7
Téléphone: (514) 861-5922 – sans frais : 1877.CPM.AIDE 
Cell. : (514) 592-0127
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